biomimetisme

Vous comprendrez instantanément le terme en étudiant son étymologie : ‘Bios’ vient du grec ancien qui signifie ‘la vie’ et ‘mimesis’ veut dire ‘l’imitation’.
 
Il s’agit donc de l’étude de substance ou de matériaux d’origine biologique (ex : enzymes, soie), de mécanismes ou processus biologiques (ex : la photosynthèse) ou bien sûr d’animaux ou de plantes en vue de produire artificiellement des objets inspirés de la nature.

Cette approche consiste donc à s’inspirer de la nature en général pour innover et créer. Cette approche ne possède pas de théorisation formelle et de processus mais comprend impérativement une phase d’observation et d’étude approfondie d’un objet/comportement biologique. Cette étude peut naitre d’une intuition, d’une observation logique ou d’une réflexion.

Les grands principes de cette discipline : imitons les organismes biologiques qui savent :

  • maximiser les ressources limitées présentent dans la nature. notamment en apprenant à dépenser le moins d’énergie possible.
  • utiliser les sources d’énergies abondantes et en libre accès (soleil, air, marées…). Alors que l’homme a produit des énergies polluantes
  • Développer la multifonctionnalité : dans la nature, rares sont les organes ne remplissant qu’une seule fonction
  • Transformer les déchets en ressources !
  • S’adapter aux changements de situation dans leur environnement

Le biomimetisme est utilisé dans plusieurs domaines : médecine, architecture, économie, technologie et industrie, électronique. Certains même s’inspirent de la nature pour manager et piloter des entreprises.

Que l’homme se réfère à la nature pour avancer est complètement logique. En effet, la nature est présente sur terre depuis des millions d’années : certaines espèces de végétaux ou d’insectes sont présentes depuis bien plus longtemps que l’homme. Nul doute que certaines aptitudes à muter et s’adapter ont permis aux espèces de survivre. N’y a-t-il rien à apprendre de cette résilience formidable ?
C’est ce que l’on cherche en partie lorsque l’on fait de la biophilie : comment s’adapter aussi bien que ces espèces à leur environnement. S’adapter au vent, résister à l’eau ou au froid, s’inspirer des caractéristiques de tels ou tels matériaux peux nous amener à concevoir des outils ou technologiques formidables !

Voici quelques exemples :

L’aviation : Les oiseaux ont poussé l’homme à voler ! Et encore aujourd’hui les propriétés aérodynamique de certaines ailes d’oiseaux sont étudiées afin d’optimiser les avions actuels.
La peau particulière du requin a même permis de fabriquer un revêtement + performant pour les avions en réduisant le frottement avec l’air !

L’étude du bec du martin pêcheur a permis de résoudre un problème d’explosion sonore lorsque le train grande vitesse japonais sortait d’un tunnel ! Sa forme réduit le phénomène de pression à l’origine du bang ! Tout cela grâce à un ingénieur travaillant sur le projet qui, passionné d’ornithologie avait remarqué que le martin pêcheur ne provoquait pas d’éclaboussures en sortant de l’eau suite à sa pêche ! Il semblait passer d’un environnement à l’autre sans subit les différences de pression…. Belle intuition de la part de l’ingénieur !

Un dernier pour la route : l’étude minutieuse de la nageoire pectorale de la baleine à bosse et de ses particularités permet à une start up de commercialiser des pâles d’éolienne beaucoup plus performantes ainsi que des pales de ventilateur consommant 20% d’énergie en moins !


Source :
Le grand livre du biomimetisme de véronika Kapsali au édition DUNOD
octobre 2017